Publié par : ghosthinker le : janvier 20, 2009
Suite à une conversation avec un ami publicitaire qui se reconnaîtra (je l’espère), nous avons parlé des gens et de ce qu’ils achetaient, soudain une illumination : moi aussi je suis un « gens », tout comme lui, tout comme tous les publicitaires qui bien souvent (moi le premier) prennent trop de distance et oublient que eux aussi sont des consommateurs. Et que consomment les publicitaires ?Attention scoop : pareil que tout le monde ! Des fringues, de quoi manger, de quoi communiquer…la consommation de ceux qui la font ne varie pas de ceux pour qui ils la font. Autrement dit, il serait intéressant que chacun se dise que lui aussi est un consommateur. Il y a une responsabilité de consommation autant qu’une responsabilité de communication.Je m’explique. La semaine dernière j’ai dû acheter un casque audio. En effet il y a quelques jours ma personne, bien que légère a largement écrasé mon oreillette d’iPod très négligemment tombé à terre. Or je n’y connais absolument rien en casque audio. Je connais les marques bien sûr mais pas la différence de qualité qu’il peut y avoir entre elles. J’avais une idée du prix que je voulais mettre pour cet achat et devant le stand de la FNAC, dans ma gamme de prix j’avais le choix et l’embarras qui va avec.
Pas moins de 3 marques et 12 modèles s’offraient à moi. Bien sûr en tant que consomm’acteur du 21 siècle j’avais regardé sur le web, surfé sur les forums, etc… mais devant le linéaire rien.,. je restais absolument désarmé et ma pause dej n’étant pas extensible à l’infini il fallait que je me décide. Aussi, je me suis demandé comment ces marques communiquaient et très naturellement j’ai fait mon choix en fonction de leur com’ et de leur message.Autrement dit je me suis rendu compte que mon choix ultime, (comme tout bon consommateur ?), était dirigé par la communication. Conséquences ? Devant le rayon je me suis fait une brandreview mentale de PHILIPS, KOSS, et SEINHEISER.
Première en notoriété et en dépense publicitaire : PHILIPS. Problème, je me rappelle de leurs pubs pour leur lampe révolutionnaire, leurs aspirateur, leurs rasoirs et de leur signature SENSE AND SIMPLICITY (que je trouve très bonne et pertinente d’ailleurs) mais alors question son, personne, rien, et très loin derrière par exemple SONY…SENHEISER m’est revenu comme une claque et les 4 par 3 tatouesques de Djibril Cissé me sont soudain apparus et cette contre publicité s’est donc immédiatement changée en un coup de cœur pour KOSS qui avait finalement le bon goût de ne pas « mal communiquer ». Mon choix, celui d’un individu matraqué par près de 200 messages publicitaires par jour en moyenne (chiffres Francoscopie 2006), est anodin. Tout le monde en fait pour tout chaque jour. Mais qu’en est-il de mon raisonnement ?
Est-ce que les personnes qui choisissent ce qu’elles consomment se fient à la communication des marques et à leur message ou non message ? Et surtout qu’en est-il du choix des publicitaires ? Achètent-ils eux même plus de Cadburry que de Mars depuis que Le Gorille à cartonner à Cannes ? Ou au contraire, ont-ils arrêté de manger des Cadburry depuis qu’ils n’ont pas compris le choix du jury cette année ? Vous ou vos amis gamers ont ils acheté HALO 3 depuis son prix à Cannes ?…
J’avoue que cette interrogation et surtout ces conséquences peuvent prouver la force ou la fin de notre pouvoir de conviction d’achat. Car si même les personnes qui créent les messages publicitaires (quelqu’ils soient et quelque soit le média sur lequel ils travaillent) ne sont pas eux-mêmes influencés, se pose alors le problème de la conviction (du) publicitaire…